26 mai 2012
Fascion

25 mai 2012
0% Racisme 100% Identité



Ludwig Von 88 Hiroshima


Hiroshima (50 ans d'inconscience) est un mini-album (EP) du groupe Ludwig von 88 sorti en août 1995 sur le label A Donf' (par la suité réédité sur Crash Disques). À travers ses 6 titres le disque retrace l'histoire de la première bombe atomique qui s'est abattue sur Hiroshima le 6 août 1945, de sa conception jusqu'à son largage sur Hiroshima. Avec ce disque, le groupe, plus connu pour ses chansons burlesques, nous montre un côté sérieux et engagé.
- Manhattan
- Enola Gay
- Hiroshima
- Little boy
- Fire
- Hibakusha
Les Chinois écoutent Nostromo (!)
(j'ai trouvé ça sur le youtube chinois)
Chine. L'envers et l'endroit
En 30 ans, le développement de la Chine a été exceptionnel et fait l’admiration du monde. Mais il commence aussi à inquiéter. Les effets de ce développement aussi rapide que massif, sans apporter encore le bien-être recherché pour le peuple chinois, ont entraîné quantité de problèmes considérables dont aucun modèle n’a encore fait l’expérience, qu’il s’agisse de logement, d’éducation ou de santé d’une part, de dégradation de l’environnement ou des conditions de vie urbaines d’autre part. Il apparaît ainsi que la voie suivie depuis trente ans ne peut être prolongée longtemps et que la Chine doit s’inventer un nouveau modèle de développement, plus soucieux de la majorité de la population et de ses conditions de vie, plus attentif aux équilibres mondiaux et à des relations harmonieuses avec ses partenaires. Encore faut-il que ce futur modèle soit compatible avec les valeurs traditionnelles de la société chinoise et qu’il satisfasse aux besoins de modernité de la jeunesse.
Éric de La Maisonneuve, général de division (2S), est président de la Société de Stratégie et directeur de la revue Agir. Au cours de fréquents séjours en Chine, il a eu de nombreuses occasions d'observer les problèmes de développement de ce pays.
24 mai 2012
Fedor Emelianenko vs Chan Sung Jung "The Korean Zombie"
La Ligue pour l'Asie Orientale (LAO)

La Toa Renmei Kyokai (Ligue pour l'Asie Orientale ; LAO) a été fondée par le Lieutenant-Général Kanjii Ishiwara en septembre 1939. Cet officier avait étudié en Allemagne dans les années 20. L'objectif de la LAO était de créer une “ligue des nations” orientales, basée sur l'Odo (La Voie Royale ou la Droite Voie). Le premier objectif était de libérer l'Asie orientale de toutes les influences extérieures. Cette Ligue publiait la revue Toa Renmei (Ligue Est-Asiatique). Des sociétés affiliées ont été formées par la suite dans le Manchukuo et en Chine. Le plan conçu par la LAO, prévoyant une alliance entre le Japon, le Manchukuo et la Chine, avait l'appui du Premier Ministre Konoe et de Wang Ching-wei, qui présidait le gouvernement chinois de Nanking pour le compte des Japonais. Ishiwara et ses amis ont été déçus de la politique menée par le Japon en Chine au cours de la Seconde Guerre mondiale. Celle-ci isolait le Japon de son principal allié potentiel. L'influence de la LAO a rapidement décliné à partir de la moitié de l'année 1941.
Schoendoerffer, clap de fin
La lente agonie de la guerilla Karen

« Qui sont ces Ingouches ? Tous ces morcellements sont bien ennuyeux. Alors que nous, on abaisse les barrières économiques, les stupides ethnies se dressent des barrières nationales ». John Le Carré, Notre jeu.
Les combattants karens mènent depuis 1949 une des plus vieilles guérillas du monde contre la junte birmane dans les montagnes et les forêts aux frontières de la Birmanie et de la Thaïlande. Cette région est une « zone grise », selon la définition de Rufin : « Une région confrontée à des crises sans fin, s'enfonçant dans des zones de non-droit » ; d'autres analystes évoquent un type de « conflit purulent ». Les Karens réclament une autonomie au sein d'une large fédération démocratique, qui regrouperait les Birmans, et les nombreuses minorités de la frontière (près de 35% de la population totale du pays). Projet politique porté également par le Prix Nobel de la Paix Aaung Saung Suu Kyi.
La résistance opiniâtre et organisée de la Karen National Liberation Army (KNLA) - branche militaire de la résistance - repoussait chaque année les assauts de Tatmadaw, l'armée birmane, instaurant un statu quo territorial. Mais à partir de 1988, formés et équipés par la Chine, Tatmadaw intensifie ses offensives et ne perd plus à la saison des pluies le terrain perdu à la saison sèche.
Elle peut alors appliquer la stratégie de contre-guérilla, dite des « quatre coupes » : couper les approvisionnements, les liens entre la guérilla et le peuple, éliminer les têtes de la résistance et empêcher ses ressources financières. Face aux offensives de plus en plus importantes, on assiste aux premiers exodes des populations, fuyant une politique de terreur sciemment orchestrée par la junte. Quittant leurs villages incendiés, les rivière minées, fuyant pour échapper aux razzias de l'armée birmane raflant femmes et enfants, les villageois se terrent dans la jungle ou traversent la frontière pour s'entasser dans les camps de réfugiés où ils seraient fin 2009 plus de 180 000.
En plus de ces violentes offensives, le MI25 - service secret birman - appliquant le principe de Sun Tsu « l'art de la guerre c'est soumettre l'ennemi sans combat », exacerbera les tensions entre combattants bouddhistes et commandement chrétien, pour diviser la résistance. Une minorité bouddhiste ralliera la junte, livrant les plans de champs de mines entourant Manerplaw, symbole du pouvoir de la Karen National Union (KNU), branche politique de la Résistance. Après de multiples échecs militaires, c'est par la ruse et les dissensions que la junte s'emparera de cette place forte, capitale d'un État rêvé, le Kawtooleï, symbole du pouvoir politique de la KNU.
La DBKA (armée démocratique des Karens bouddhistes) deviendra alors, avec cette scission, la milice karen de la junte et son bras armé. Elle sera responsable d'assassinats de membres politiques de la KNU et de plusieurs attaques de camps de réfugiés en Thaïlande. L'Observatoire des Drogues signale que la DBKA, en lien avec le MI25, est responsable de la protection des nombreux camps de production de drogue de Ya Baa (méthamphétamines) ; comprimés qui inondent le marché thaïlandais.
A la fin des années 90, faisant taire leurs dissensions multiséculaires, la Birmanie et la Thaïlande opèrent un rapprochement pour résoudre leurs problèmes énergétiques, avec
l'exploitation d'un champ gazier et la réalisation d'un gazoduc de la mer d'Andaman jusqu'à Bangkok. L'entreprise française Total est majoritaire dans ce projet. Malgré les dénégations de l'entreprise et son souci affiché des Droits de l'Homme, Tatmadaw, pour faciliter le passage dans une région peuplée majoritairement de Karens, a pratiqué une et de la terre brûlée pour chasser la population. La Thaïlande devient alors le premier partenaire commercial de Rangoon avant la Chine. La guérilla sera la victime de ce rapprochement, perdant le sanctuaire qu'avait toujours été pour elle le territoire thaïlandais. De plus, Bangkok, face à l'afflux incessant des réfugiés, décide de fermer ses frontières, préférant les renvoyer en Birmanie, en les livrant à l'armée, les condamnant à l'esclavage ou à une mort certaine.
Avec la chute de Mannerplaw, puis année après année de ses dernières places fortes, la KNLA devra abandonner la guerre de position pour une stratégie de guérilla classique. Des petits groupes mobiles montent des opérations d'infiltration, de harcèlement, d'embuscade, sur les lignes arrières, de coups de mains pour desserrer l'étau sur les populations. Puis se replient dans des zones dispersées, évitant les nombreux camps militaires qui quadrillent dorénavant les zones occupées, pour empêcher le retour des populations et entraver les déplacements de la guérilla. Ces techniques commandos leur ont été enseignées par de nombreux volontaires étrangers, notamment des Français ; deux y trouveront la mort. Le Colonel Nerdah Mya, fils du Général Bo Mya, reconnaissait en 2006 devant des journalistes, la présence de combattants français.
En plus des offensives incessantes d'une armée birmane de plus en plus puissante (400 000 hommes) et la scission avec certains combattants bouddhistes, la guérilla devra affronter de nouveaux et graves problèmes internes. De jeunes officiers contesteront le poids d'une société hiérarchisée et conservatrice, l'hégémonie et la corruption de certains responsables historiques refusant toute capitulation, tout compromis ; la hiérarchie de la KNLU ayant rejeté à plusieurs reprises les accords de paix proposés par la junte. Lassés par des décennies de combat, plusieurs commandants ont signé des cessez-le-feu entraînant la reddition de plusieurs centaines d'hommes. La KNLA, affaiblie, manquant de cadres, formée de soldats de plus en plus jeunes et inexpérimentés, ne pourra résister longtemps aux coups de boutoir birmans, ne pouvant plus qu'assurer avec difficultés la protection des civils.
La KNLA ne contrôlerait plus actuellement que quelques bases le long de la frontière, et ne pourra, exsangue, empêcher la construction prochaine de quatre barrages hydro-électriques, chargés de fournir Bangkok en électricité, ne submergeant délibérément que les terres karens. Le Times prédisait en mars 2009 la fin de la guérilla. Rien ne semble plus s'opposer à la myanmarisation forcée, à l'assimilation, à l'absorption ou à l'anéantissement par un nettoyage ethnique planifié.
Cette situation sans issue conduira-t-elle certains cadres à se tourner vers le trafic d'opium pour pouvoir équiper les derniers combattants ? Ou à organiser des actions terroristes médiatisées, seule solution pour que l'opinion internationale prenne conscience de leurs six décennies de lutte ? C'est peu probable car la rigueur morale karen a toujours érigé en dogme le refus de ces deux tentations. Ne reste-t-il plus aux réfugiés qui croupissent dans les camps, à la population qui se terre dans la jungle, qu'à espérer l'arrivée de nouveaux combattants mystiques aux pouvoirs surnaturels à l'instar de ces jumeaux de 9 ans, Johnny et Luther Htoo, qui un jour surgissant de la forêt regroupèrent sous la bannière de « l'Armée de Dieu » plus d'une centaine d'hommes. Leur épopée s'achèvera tragiquement lors de la prise d'otages de l'hôpital de Ratchaburi. Peut-être un rapprochement avec
d'autres minorités ethniques constituerait-il la solution pour contourner la puissance militaire birmane.
La junte, en vue de préparer les élections de 2010, a tenté pour se donner un vernis démocratique, de désarmer les principaux groupes ethniques. De violentes offensives se sont déroulées en juin 2009, l'une en territoire karen et l'autre contre les Kookangs, minorité sinisante du Nord Est. Des offensives similaires seraient en préparation contre les Was. Les accords de cessez-le-feu signés il y a 20 ans entre les généraux et douze des quinze groupes ethniques (seuls les Karens, les Chans et certains Karennis refusèrent) semblent voler en éclat par endroits, une alliance entre certaines factions paraît dorénavant possible. Fin 2010, la 5ème Brigade de la DBKA refusant d'intégrer les gardes-frontières birmans, malgré les injonctions de la junte, a rejoint la KNLA avec plusieurs centaines de combattants. Les derniers combattants karens, refusant tout compromis, acculés dans un territoire de plus en plus étroit, se remémoreront-ils peut-être le testament de Saw A U Gyi, chef historique de la rébellion karen : « Pour nous la reddition est hors de question. La reconnaissance de l'État karen doit être réalisée. Nous garderons nos armes. Nous déciderons de notre destin politique ».
Par Yann Saint-Lazare
23 mai 2012
Le site de Crève Tambout en ligne
Vous pouvez télécharger tous les albums sur le site
Blake et Mortimer, L’étrange Rendez-vous

A la différence de Tintin, les aventures du capitaine gallois Francis Blake et du professeur écossais Philipp Mortimer se sont poursuivies après la mort de leur créateur, Edgar P. Jacobs. Le dernier album en date s’intitule L’Etrange rendez-vous. Outre nos deux héros, on y retrouve leur ennemi préféré, le colonel Olrik et une vieille connaissance, l’Empereur des Jaunes Bassam Damdu, que l’on croyait atomisé dans sa capitale de Lhassa par les bombes nucléaires de l’Espadon. Un album dans la veine habituelle, avec Olrik qui joue les Olrik, ses savants fous (le Docteur Z’ong) et ses savants sympathiques et farfelus (Jeronimo Ramirez)… Cependant, le livre refermé, on se sent un peu déçu. L’idéologie gauchiste de Van Hamme suinte et imprègne l’ouvrage de considérations qui ne cadrent pas avec la grandeur de la Grande-Bretagne impériale qu’aimait Jacob. Tout d’abord, pour bien montrer au public que Bassam Damdu est un vilain méchant pas beau, Van Hamme orne ses teintures de croix gammées. Or, dans le Secret de l’Espadon, le symbole de l’envahisseur était… l’étoile rouge communiste, qui faisait référence à la Chine Populaire, et même, quand on regarde attentivement les marques du char jaune dans le tome 2, une étoile de David ! Le livre est un ton en dessous de La Machination Voronov, l’histoire écrite par le duo Santé et Julliard et qui, elle, était totalement dans l’esprit jacobien. Il se termine même par un véritable plaidoyer mondialiste du chef de cabinet du Premier Ministre Britannique, reprenant exactement les peurs brandies par ceux qui veulent nous imposer un régime totalitaire universel. Les disciples de Bassam Damdu ne sont pas où on les croit ! Il pousse même le « Politiquement Correct » jusqu’à donner l’un des rôles clés à une femme d’origine amérindienne. De plus, il est très regrettable, alors que Jacobs était un modèle de précision historique, de voir à la page 18 un anachronisme grossier. Le professeur Kaufman fait allusion au satellite de Pluton, Charon. Le problème, c’est que le satellite en question a été découvert le 22 juin 1978 et que l’histoire est sensée se dérouler en 1954. De même, on voit également une grosse erreur : l’invasion des Jaunes est sensée se dérouler en 1946 or, c’est en total contradiction avec Le Secret de l’Espadon qui parle de « guerre froide de plusieurs années », « d’alliés du Pacte Atlantique (signé en 1949) », de «Berlin à nouveau en ruines »… Cette invasion jaune ne peut donc pas avoir eu lieu avant 1950. De même, la guerre nucléaire qui ravage la planète au XXIe siècle est en totale contradiction avec Le Piège diabolique qui la situe au XXIIIe siècle.
Page Culture des Lettres Fersannes du 2 janvier 2003
Entrevue avec Philippe Rostan
Keitel et Churchill


Parfois, à mesure que les débats se développaient, un incident, un grief, provoquaient des protestations particulières. Voici en quels termes le pasteur Ferrie, déjà nommé, opposait Keitel et Churchill :
A moins que nous ne pensions que la justice n'existe que pour un seul camp, prenons la peine de rapprocher les deux citations de notre presse qui suivent: 1° «Le maréchal Keitel a été mis sur la sellette pour avoir promulgué un ordre disant que tous les membres des commandos alliés, même en uniformes, et avec ou sans armes, devaient être tués jusqu'au dernier, même en cas de reddition»; et 2° «M.Churchill (aux Communes): Cette action a constitué la rencontre la plus importante sur terre avec les forces japonaises et elle s'est terminée par le massacre de 50.000 à 60.000 Japonais auquel il faut ajouter la capture de quelques centaines de prisonniers». (Rires de l'assemblée).
Maurice Bardèche - Nuremberg II ou les Faux Monnayeurs
Polanski & Allen
(En réalité elle est d'origine coréenne)
22 mai 2012
L’éternelle polyphonie de l’identité vécue
Poussez la porte d’un appartement parisien, romain ou londonien et vous découvrirez presque immanquablement les mêmes commodes, bureaux et étagères Ikea… Entrez dans 9 restaurant sur 10 à New-York, Madrid ou Bruxelles et l’on vous y proposera la même salade Caesar et le même cheesburger accompagnés du mêmes fond sonore certifié MTV… Consultez les étals d’un marchand de journaux de Florence, Porto ou Rotterdam et vous y observez les mêmes mannequins sur papier glacé vantant les mérites des mêmes produits manufacturés fabriqués en Chine ou au Bengladesh pour le compte de Wall-Street… Transporté au hasard d’un point à l’autre du globe, seule la langue (et pour combien de temps?) permet encore de déterminer à peu près le pays dans lequel on se situe. Ni les vêtements, ni la nourriture, ni les loisirs, ni les programmes culturels, ni les affiches de cinéma, ni l’art ne sont désormais des éléments de différenciation.
La polyphonie du monde tend ainsi peu à peu à être remplacée par l’unique et glaçante monotonie synthétique d’une musique d’ascenseur ou de supermarché. Lady Gaga et Coca-Cola de Brest à Vladivostok!
C’est bien évidemment contre ce néo-totalitarisme imposé par l’oligarchie financière nomade et apatride (avec la complicité empressée de l’armada des victimes volontaires accrocs à la consommation) que luttent les militants de la défense de l’identité, des identités.
Car l’identité c’est la singularité du monde, ce qui fonde sa richesse et qui nourrit la multiplicité des ses génies.
L’identité, c’est ce qui limite et encadre l’individualisme égoïste de l’homme en le fondant dans une entité plus vaste que lui qui le solidarise charnellement avec une terre et une communauté.
L’identité, c’est ce qui fait qu’un homme est à la fois un héritier, un porteur de sens et l’incarnation d’une vision du monde, foisonnante de possibilités et de perspectives originales et particulières.
Car, comme l’a théorisé Alain de Benoist, l’identité, ce n’est pas « ce qui ne change jamais mais une façon spécifique de changer », non pas une « essence immuable » mais un particularisme sans cesse réinventé.
C’est pourquoi notre conception de l’identité, fondamentalement archéo-futuriste, c’est à dire ancrée dans nos traditions mais tournée vers les enjeux de demain, se tient à égale distance du conservatisme paralytique de la droite réactionnaire et du progressisme amnésique de la gauche.
L’identité, c’est la troisième voie des peuples qui veulent à la fois se souvenir et bâtir, aimer et combattre, honorer leurs morts et relever les défis de l’époque, défendre leur patrimoine et le prolonger par la création et l’innovation, aimer leurs frères et échanger avec les étrangers riches de leur histoire et de leurs valeurs respectives.
L’identité, c’est le glaive du passé trempé dans le sang du présent pour affronter les combats de l’avenir.
Tout à fond !

Le colonel Moinet

"Voulant voir si l’Ecole était bien digne d’elle, la gloire un jour, du ciel, descendit à Saint-Cyr". Ainsi commence un poème que récitent les Saint-Cyriens en songeant à leurs grands anciens. Parmi eux, le colonel Bernard Moinet qui vient de s’éteindre.
Ne l’ayant pas revu depuis longtemps, trop longtemps, je m’étais promis de l’appeler pour prendre de ses nouvelles. La vie en a malheureusement décidé autrement. Le colonel Moinet s’est éteint le 4 mai dernier. Il avait 85 ans. Fatigué et usé par les épreuves de l’existence, il s’était retiré de la vie publique depuis plusieurs années. L’écrivain et le conférencier qu’il était n’écrivait et ne parlait plus. Nous nous étions rencontrés pour la première fois en 1994 à Coetquidan. Présent au sein de la prestigieuse école militaire pour le baptême de promotion d’un fils de la veuve du colonel Bastien-Thiry, il m’avait fait appeler pour me parler d’un manuscrit que je lui avais adressé quelques jours avant de partir suivre une formation d’élève officier de réserve. Le livre, consacré à la guerre d’Algérie, devait sortir quelques mois plus tard avec une très élogieuse préface de sa part.
L’amitié filiale que je lui portais ne s’était jamais démentie depuis. Recu à Saint-Cyr à 18 ans en 1945, le jeune Bernard Moinet fait partie de la promotion "Nouveau Bahut". Dans un contexte politique hostile, il joue un role essentiel pour l’installation de l’Ecole spéciale militaire à Coetquidan et le rétablissement de ses traditions, notamment dans la conservation du légendaire casoar. Le 14 juillet 1947, alors qu’elle défile à Paris, la promotion "Nouveau Bahut" fait réapparaitre, après sept années d’absence, le plumet blanc et rouge. Bernard Moinet a admirablement restitué le mythe de Saint-Cyr dans son maitre ouvrage, A genoux, les hommes ! véritable livre de chevet de plusieurs centaines de jeunes officiers. Il appartenait à une génération d’hommes pour laquelle la formation débouchait inéluctablement sur l’action. A peine sorti de l’école, il part pour l’Indochine. Premières déceptions. Les guerres ne se perdent pas seulement sur les champs de bataille, mais souvent dans les allées du pouvoir.
Comme beaucoup d’officiers, Moinet n’oubliera jamais les populations indochinoises abandonnées par la France. Après l’Indochine, voici l’Algérie. Le 13 mai 1958, Moinet est à Oran. Ce jour-là, comme tant d’autres, il croit que l’Algérie francaise est faite. Moins de cinq ans plus tard, il apprend que tous ses harkis, abandonnés eux aussi, ont été brulés au pétrole. Il quitte immédiatement l’armée.
Cette armée qui était toute sa vie. Il se consacrera désormais à alerter les hommes de bonne vo lonté sur les menaces pesant sur l’Occident. Orateur et conférencier brillant, il sillonne la France. Ecrivain talentueux, il est longtemps le seul, lorsque cela n’était pas à la mode, à défendre la mémoire des harkis. Ahmed ? Connais pas... Le calvaire des harkis restera le livre référence sur ce drame cruel. Tout comme son Vanden, le commando des tigres noirs sera toujours le symbole de l’épopée militaire francaise en Indochine.
Un grand soldat nous a quittés. Mais la tradition se perpétue: "A genoux, les hommes."
Thierry Bouclier, avocat à la Cour, dans Minute 2564
































