21 mai 2012
Quand Libération donne la parole à Salmane Rushdie
Le plus rasoir des polygraphes du sous-continent indien revient sur le devant de la scène. Attention, on peut s’attendre au pire : un nouveau livre en gestation… Son article paru dans Libération du 29 novembre (2002) est intitulé « Une compagnie de démons ». Mazette… Les démons susnommés sont tous ceux qui luttent contre l’islamisme. A priori, on pourrait se sentir interpellé au niveau du vécu, comme on dit dans Libé, pour le combat de Rushdie. Après tout, la géopolitique contemporaine révèle une poussée islamique sur ses frontières : Indonésie, Philippines, Australie, France, Côte d’Ivoire, Cachemire, Gujarât, Tchétchenie, Afghanistan, Xinjiang… Mais dans son argumentation, Salman Ruhdie montre pour qui il travaille et révèle pourquoi on ne peut pas le suivre… Nous refuserons d’échapper au choléra islamique à la condition de mourir pour la peste sioniste. Ni Salomon, ni Slimane, telle a toujours été notre devise. Rushdie attaque ainsi une émission de la télévision égyptienne réalisée par Mohammed Sohbi, Horseman without a Horse, inspirée des Protocoles des Sages de Sion. Rushdie s’indigne que Sohbi évoque « la liberté d’expression ». Mieux, il qualifie ce fameux livre de « document qui défend l’idée d’une « conspiration juive d’ordre mondial » et dont on a depuis longtemps prouvé qu’il s’agissait d’une invention de la police secrète du tsar Nicolas II » Le problème, c’est qu’il est prouvé que si les Protocoles sont bel et bien apocryphes, ils n’en sont pas moins vrais. Il s’agit tout simplement, comme je l’ai dit et répété à de très nombreuses reprises, d’une compilation de différents livres juifs écrit entre 1776 et 1858 environ… Rushdie fait par contre une constatation intéressante : sa vision de la société ne concerne qu’une toute petite minorité de musulmans. L’immense majorité ne désavoue pas les violences commises au nom de l’Islam. En fait, l’Islam modéré n’existe tout simplement pas…
Lettres Fersannes (Décembre 2002)
16 mai 2012
Quand les décideurs s'inspirent des moines
Comment trouver davantage de sens et de sérénité au quotidien quand les journées sont si chargées et l’exigence de profit à court terme de plus en plus pressante ? Comment donner plus d’impact à son management ? Comment concilier son développement spirituel et la croissance de son entreprise ? Telles sont les questions auxquelles les règles de vie des moines bouddhistes et chrétiens peuvent répondre. Appliquer leurs principes de vie enrichira votre quotidien de décideur. Que vous soyez croyant ou non, vous serez inspiré par ces principes (vie en communauté, solitude et silence, étude, stabilité, hospitalité…) et vous pourrez les mettre en pratique dans votre entreprise, grâce à des exercices et des outils concrets. "Il y a au moins trois raisons de se plonger dans ce livre : il est convaincant, il fait réfléchir, il est pratique. [...] C’est un livre de lumière, qui éclaire sur soi, son métier, sa vie et la façon dont on les mène." Michel Bon
Sommaire : Le défi de la vie des moines. La vie en communauté. Solitude et silence. Méditation et prière. Etude des textes sacrés. Amour et compassion. Stabilité. Obéissance. Pauvreté. Hospitalité.
Biographie : Sébastien Henry - Chef d'entreprise : coach de dirigeants et formateur en management. Il est l'auteur de " Emotional intelligence and leadership in Asia" publié chez Wiley et parle 6 langues, dont le chinois et le japonais
10 mai 2012
Katholic Park
FDLE : Dans vos éditoriaux, ainsi que dans le 3e tome, tant attendu, du « Printemps de Strasbourg », vous appelez souvent les nationalistes à faire sécession. Pensez-vous qu’une des solutions pour notre survie et les combats à venir soit de se regrouper en un lieu géographique pour nous y organiser et nous préparer la reconquête de nos terres dévastées ?
Henri de Fersan : Oui. C’est ce que Nicolas Bonnal appelait « les Katholic Park ». Cette tactique a été utilisée avec succès tant par Mannerheim en Finlande que par Trotski en Russie, Mao en Chine et Pol-Pot au Cambodge. Dans mon roman Le Printemps de Strasbourg, le héros proclame l’indépendance de Strasbourg-est avant de se lancer à la reconquête d’une France où des maquis tiennent les campagnes en son nom. Il faut être clair : la société, la République ne veulent plus de nous. Il faut la mettre face à ses propos : dans ce cas, qu’elle nous cède un territoire proportionnel à notre poids électoral. Bien entendu, ils ne voudront pas. Dans ce cas, il faudra arracher la liberté nous-mêmes. Certaines zones à majorité allogène (Seine-Saint-Denis, Roubaix, Marseille, certaines banlieues de Lyon) sont d’ors et déjà perdues. Il faut y évacuer les nôtres et y expulser les leurs. Il sera toujours temps ensuite de reconquérir le tout… Cette politique est également celle que préconisait le docteur Pierce en 1976 dans Le Journal de Turner (Turner Diaries) avec la sécession de la Californie du Sud rebelle puis la création « d’états blancs libres » dans les pourtours des villes américaines dévastées par l’échange nucléaire avec la Russie.
Dans quelle direction nous dirigeons-nous ?

A une époque ‘la route de la soie’ était longue et dangereuse – et d’un coût exorbitant. Ne venaient de Chine que des produits précieux : épices, porcelaines… et soie. On a depuis inventé les vraquiers – les plus gros transportent 330.000 tonnes. Soit, à chaque voyage, la charge portée par 5 millions de baudets. Et nous recevons de Chine jusqu’aux pavés de nos rues. Le vraquier, voilà qui explique la mondialisation, bien plus directement que l’«affaiblissement des États nations» ou que la «diabolisation» du colonialisme. Le vraquier (ou internet, ou tout autre moyen accélérateur de la mondialisation) dépend de la technique – et non de la politique.
Ensuite on peut discuter de savoir si la technique est bénéfique, ou néfaste… ou neutre, comme le pense Gorgias. Parlant de la rhétorique et de ses dangers, Gorgias dit qu’elle peut être mal employée, que cependant: «les criminels, ce ne sont pas les maîtres, ce n'est pas l'art non plus - il n'y a pas lieu à cause de cela de le rendre coupable ou criminel». Mais peu importe au fond que la technique soit neutre ou pas – ce qui compte c’est qu’elle soit.
Dennis Gabor est un physicien qui a travaillé par exemple sur les lampes à mercure, sur les réseaux neuronaux et sur les hologrammes, ce qui lui a valu le prix Nobel. Il a aussi laissé quelques pensées, dont celle qui veut que tout ce qui peut être fait, techniquement parlant, sera fait un jour ou l’autre. Autrement dit, vous pouvez mettre toutes les barrières légales que vous voulez, pour interdire par exemple… le clonage reproductif des mammifères. Mais si les connaissances se diffusent, de plus en plus de personnes sauront cloner, et quelqu’un finira bien par le faire. Nous pouvons aussi interdire la pilule abortive? Dans les jours qui suivraient, elle serait disponible sur internet. La politique peut l’interdire mais pas l’empêcher.
Restent les barrières morales - j'espère que vous en avez de solides. Nous vivons dans un monde de plus en plus ouvert – dont les possibilités techniques sont folles, et encore: elles s’accroissent de manière exponentielle. Il n’est pas certain que la morale suive au même rythme. C’est alors que plus d’un humain ouvre (ouvrira?) des yeux hagards, comme le fou dont parle Nietzsche, et se demande (demandera?) avec lui : «Dans quelle direction nous dirigeons-nous ? … En arrière, en avant, de tous côtés? Y a-t-il encore un dessus et un dessous ?»
07 mai 2012
Kitbouka, le croisé mongol

Le chrétien Kitbouka, général mongol de Gengis Khan, à la tête d'une armée de Mongols, d'Arméniens et de Francs du Nord de la Syrie, vient de s'emparer de Damas, de Bagdad et fonce sur son objectif : Jérusalem... Mais le 3 septembre1260, à Aïn Djalout en Galilée, Kitbouka est battu par une armée musulmane, les mamelouks d'Egypte appuyés par d'autres Francs, ceux de St Jean d'Acre. Cette bataille - bien que très peu connue - est capitale : elle a bouleversé le sort et l'histoire du Proche et Moyen-Orient jusqu'à aujourd' hui. Cette bataille brisa définitivement le rêve de Gengis Khan et celui de ses héritiers. C'est toute cette épopée que l'auteur nous décrit, chevauchées nées dans les steppes d'Asie centrale, déferlant sur la Chine, la Perse, le Caucase, la Russie, le Levant et lorgnant vers l'Europe Occidentale. Ce livre est une histoire de batailles, de violences, de massacres, de viols, d'incendies, de diplomatie et d'amours. Voici l'histoire d'un Empire qui est encore vivace - même s'il est mal connu - dans la mémoire collective. Histoire qui a ébranlé le monde et a failli en changer la face.
04 mai 2012
Et là où je suis, vous y serez aussi
Évangile (du jour) : de Jésus-Christ selon saint Jean 14,1-6.
À l'heure où Jésus passait de ce monde à son Père, il disait à ses disciples : « Ne soyez donc pas bouleversés : vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. Dans la maison de mon Père, beaucoup peuvent trouver leur demeure ; sinon, est-ce que je vous aurais dit : Je pars vous préparer une place ? Quand je serai allé vous la préparer, je reviendrai vous prendre avec moi ; et là où je suis, vous y serez aussi. Pour aller où je m'en vais, vous savez le chemin. » Thomas lui dit : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas ; comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ; personne ne va vers le Père sans passer par moi.
Commentaire du jour : Saint Raphaël Arnaiz Baron (1911-1938), moine trappiste espagnol in Écrits spirituels, 12/04/1938 (trad. Cerf 2008, p. 410 rev.)
« Là où je suis, vous serez aussi » Si le monde savait ce qu'est aimer Dieu, ne serait-ce qu'un petit peu, il aimerait aussi son prochain. Quand on aime Jésus, quand on aime le Christ, on aime forcément ce qu'il aime. N'est-il pas mort d'amour pour les hommes ? Car, en transformant notre cœur en cœur du Christ, nous ressentons et nous percevons ses effets, et le plus grand d'entre eux c'est l'amour, l'amour de la volonté du Père, l'amour envers tout le monde qui souffre, qui peine, le frère lointain, qu'il soit anglais, japonais ou moine, l'amour envers Marie. Enfin, qui pourra comprendre l'amour du Christ ? Personne ; mais il y en a qui possèdent quelques petites étincelles, très cachées, très en silence, et sans que le monde le sache.
Mon Jésus, que tu es bon ! Tu fais tout merveilleusement bien. Tu me montres le chemin, tu me montres le but. Le chemin est la douce croix, le sacrifice, la renonciation à soi-même, quelquefois la bataille sanglante qui se résout, en larmes, sur le Calvaire ou dans le jardin des Oliviers. Le chemin est, Seigneur, d'être le dernier, le malade, le pauvre... Mais peu importe, au contraire !... Ces renoncements sont agréables quand ils suscitent dans l'âme la charité, la foi et l'espérance ; c'est ainsi que tu transformes les épines en roses.
Et le but ? Le but c'est toi, et rien d'autre que toi. Le but c'est l'éternelle possession de toi dans le ciel, avec Marie, avec tous les anges et tous les saints. Mais ce sera là-haut, dans le ciel. Et pour encourager les chétifs, les faibles, les peureux comme moi, tu te manifestes quelquefois dans le cœur, et tu lui dis : « Que cherches-tu ? Que veux-tu ? Qui appelles-tu ? Tiens, regarde ce que je suis. Je suis la Vérité et la Vie »... Alors, Seigneur, tu remplis l'âme de tes serviteurs de douceurs inexprimables qu'on rumine en silence, que l'homme ose à peine expliquer. Mon Jésus comme je t'aime, malgré ce que je suis. Et plus je suis pauvre et misérable et plus je t'aime. Je t'aimerai toujours ; je m'agripperai à toi et je ne te lâcherai pas : je ne sais plus comment dire.
02 mai 2012
Dans le royaume de Lo





Les coréens étudient Comprendre l'Empire et le Talmud
20 avril 2012
Cambodge, année zéro

Prêtre des Missions étrangères de Paris et résidant au Cambodge, François Ponchaud revient sur la condamnation à la prison à perpétuité de Douch, chef de la prison S21 à Phnom Penh où plus de 15.000 personnes ont été torturées et exécutées. Le père français juge que le procès de Douch, à l’instar des procédures en cours visant de hauts dirigeants du régime qui ont mis le Royaume à feu et à sang de 1975 à 1979, n’est qu’une mascarade. Il n’y voit qu’une initiative «colonialiste», visant à satisfaire une communauté internationale soucieuse d’imposer sa propre vision de la justice. Fin connaisseur du Cambodge, le père Ponchaud a été le premier à révéler les souffrances de la population à travers des articles dans Le Monde en 1979, puis dans son célèbre ouvrage Cambodge, année zéro (Juillard, 1977).
Que vous inspire la condamnation de Douch ?
Ce qu’à fait Douch est absolument monstrueux, inqualifiable et terrible. Aucun mot ne peut définir ce qu’il a fait. Mais si le condamner à la perpétuité semble valable selon la justice humaine, cela ne me paraît pas être le cas d’un point de vue cambodgien. Car Douch a été trompé, puisqu’on lui a demandé de collaborer avec la justice en lui promettant une peine plus douce. Or, il a demandé pardon. Et malgré cela, il écope de la peine maximale. Je sais bien que mon propos choquera les victimes qui se réjouissent de cette condamnation. Mais pour ma part, je ne sais pas si cette condamnation est une bonne chose.
Pourquoi ?
Parce que les Cambodgiens sont à 99% bouddhistes, et n’ont pas la même vision de la justice que nous. Comme le disait un jour un moine très en vue au Cambodge: «Vous les Occidentaux qui voulez jugez, vous avez le cœur mauvais, vous avez de la haine: faites comme nous et purifiez-vous intérieurement.» Et sous ce prisme, ce procès relève plus du colonialisme que de la profonde compréhension du peuple khmer, qui privilégie le consensus.
D’après vous, qu’aurait-il fallu faire ?
Je ne sais pas. Mais d’une manière générale, je suis opposé à ce procès qui est celui de l’hypocrisie et de l’injustice internationale. Pour mémoire, toute la communauté mondiale a soutenu les Khmers rouges pendant 14 ans, la France et l’ONU comprises. Et ce, même si je comprends très bien le contexte géopolitique de l’époque : celui du conflit sino-soviétique et de la fin de la guerre froide. A cet égard, je trouve un peu fort qu’on ne mette que maintenant le respect des droits de l’Homme en avant à travers ce procès. Celui-ci est aussi celui de l’injustice, puisqu’on oublie un peu vite, par exemple, ces grands américains qui ont rasé le Cambodge du 6 février au 15 août 1973. Alors un peu de bon sens…
Vous êtes donc également opposé au deuxième procès de trois plus hautes personnalités politiques du régime encore en vie, qui s’est ouvert fin 2011 ?
Oui, puisqu’on veut juger, alors qu’on juge l’intégralité des responsables Khmers rouges. Et dans ce cas, que l’ONU ait le courage de pointer les responsables du régime actuellement au pouvoir. Alors là, oui, je serais d’accord. Mais à défaut comme c’est le cas maintenant, la justice internationale se ridiculise.
Lorsque vous pointez les responsables au pouvoir actuellement, à qui pensez-vous ?
Je ne vous donnerai pas de noms, c’est trop dangereux. Mais certains, surtout parmi les conseillers et même des personnalités au pouvoir, ont les mains rouges de sang. Mais il sont passés du bon côté en 1977 ou 1978 [avant la chute de Pol Pot en 1979, qui fut le dirigeant politique et militaire du régime, Ndlr]. Mais évidemment, l’actuel gouvernement ne veut pas entendre parler de nouveaux procès, ce qu’on peut comprendre.
19 avril 2012
L'encens
Avec un peu de chance, les fastes liturgiques de la Semaine sainte, que ce soit dans la forme ordinaire ou extraordinaire, vous auront permis d’apprécier, outre les chants (enfin espérons-le), une suave fumée propre à ravir les narines et à vous donner un petit arrière-goût de paradis et de mystère. Il fut une époque pas si lointaine où l’encens n’était guère en odeur de sainteté dans nos paroisses (voilà pour le jeu de mots inévitable). On lui reprochait pêle-mêle ses accointances suspectes avec l’ancienne liturgie, son allure « triomphaliste » et surtout, péché irrémissible, son penchant prononcé pour la solennité et le sacré. Certains curés ne le toléraient guère que pour les obsèques, et encore! On oubliait un peu facilement le trentième chapitre du livre de l’Exode (les prescriptions fort précises à Moïse sur le sujet), ainsi que le psaume 142 qui compare la prière à la fumée de l’encens. Il fallait assister à une messe dans une abbaye pour sentir autre chose que l’odeur d’encaustique mêlée à l’eau de toilette bon marché de Madame l’animatrice liturgique. Chose curieuse, cette éclipse relative de l’encens liturgique, dans les années 1970, fut accompagnée d’une véritable explosion dans le domaine profane. Hippies et autre « baba-cools » se livrèrent à une consommation furieuse de bâtonnets et autres cônes de la précieuse substance. Chassé des autels, l’encens s’est réfugié auprès des consommateurs de substances illicites et des bouddhistes d’opérette. Une jeune génération avide de spiritualités point trop contraignantes, et nouvelles, s’est jetée sur ce qu’elle considérait comme un moyen de cultiver leur sérénité entre deux manifs au Larzac. Aujourd’hui, les « baba-cools » sont rentrés dans le rang bourgeois et la liturgie catholique re vient doucement à des cérémonies plus dignes. On ne va plus guère à Katmandou, mais l’encens fait toujours la fortune des marchands de bonheur. On le retrouve affublé de propriétés plus ou moins farfelues : telle variété favoriserait la richesse, une autre l’amour ou la réussite aux examens. Il garnit également les étagères des adeptes de l’aromathérapie. Parfois aussi, cela de vient moins drôle. L’encens devient l’ingrédient obligé de pratiques prétendument magi ques, voire pire encore.

































